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Auturas ed Auturs da la Svizra










Actualités
11.05.2018

Pour de meilleurs honoraires et une plus forte présence des littératures suisses dans les médias

Communiqué de presse du 11 mai 2018

 

 

À l’occasion de sa 16e Assemblée générale, l’association Autrices et Auteurs de Suisse (AdS) a décerné ses deux prix symboliques. La Plume de paon va à l’organisateur lausannois de rencontres littéraires Tulalu !?. Moins chatoyante, la Plume de plomb échoit au groupe de presse NZZ.

 

Soleure, 11 mai 2018. – De nombreux auteurs et autrices, traductrices et traducteurs littéraires de toute la Suisse ont fait hier le voyage vers Soleure pour tenir la 16e Assemblée générale de l’association professionnelle nationale AdS. Comme chaque année, celle-ci constituait le coup d’envoi officieux des Journées littéraires de Soleure. Une grande majorité de l’assemblée partage les principales critiques adressées l’an dernier au « Schweizer Buchpreis » – un prix littéraire suisse qui, soit dit en passant, ne distingue que la littérature germanophone de notre pays pourtant plurilingue. L’adoption d’une résolution au sujet de ce prix a été l’un des moments forts de l’AG.

Avec la plume de plomb, l’AdS alerte au sujet de la disparition progressive dans les médias d’un espace de réflexion sur la création littéraire, tout en soulignant le travail accompli par un promoteur culturel engagé, aux pratiques équitables.

 

Plume de paon pour Tulalu !?, plume de plomb pour le groupe de presse NZZ

L’AdS décerne chaque année deux distinctions, la « Plume de paon » et la « Plume de plomb », à des éditeurs, des institutions, des médias, des passionnés (ou non) de littérature, ou à d’autres organisations actives dans ce domaine. Cette année, la Plume de paon a été remise à l’association Tulalu !?, basée à Lausanne, qui organise des rencontres littéraires ; par cette distinction, l’AdS honore le soin mis à la conception et à la programmation, ainsi que le bon traitement réservé aux auteurs et autrices, traductrices et traducteurs, des principes que l’association suit avec constance depuis sa fondation. Dans son éloge, l’écrivaine Odile Cornuz qualifiait le travail de l’association en ces termes : « Tulalu !? c’est aussi une conviction : celle du partage de la parole, qui permet de faire découvrir la langue et l’univers des créatrices et créateurs d’ici. Tulalu !? marque le paysage culturel romand d’un sceau particulier. »
Pour la moins chatoyante Plume de plomb, le choix du jury s’est arrêté sur le groupe de presse NZZ. Auteurs et autrices, traductrices et traducteurs ont besoin d’une présence appropriée ainsi que d’une illustration critique et d’une réflexion sur les littératures de Suisse dans les médias. Or le jury a décelé précisément dans les médias de ce groupe un accroissement du potentiel d’amélioration par rapport aux années précédentes. Ou, comme le formulait l’écrivain Guy Krneta, qui prononçait cette année l’éloge du lauréat plombé : « Il y a encore deux ans, je pouvais partir du principe que la majorité des œuvres littéraires d'une certaine importance ferait l'objet, tôt ou tard, d'une critique ou d'un article dans la NZZ – parfois une année plus tard, mais on pouvait être confiant, l'œuvre serait discutée. Aujourd'hui je ne compte plus du tout là-dessus. » 

 

Auteurs et autrices, traductrices et traducteurs expriment leur solidarité avec les écrivaines et écrivains turcs

Lors de son Assemblée générale de l’an dernier, l’AdS a recueilli des signatures pour six lettres à des autrices et auteurs turcs emprisonnés ou sévèrement réprimés par l’état, lettres que leur a ensuite remises le Centre PEN de Suisse alémanique. L’association entendait ainsi manifester sa solidarité envers ces auteurs et autrices ainsi que son engagement contre l’oubli. Un an plus tard, la situation semble être toujours aussi dramatique pour les autrices et auteurs de Turquie. Dans son rapport d’avril 2018 sur la situation des droits humains dans le monde, Amnesty international parle d’un état d’urgence persistant : 100 journalistes sont toujours en prison, quelque 100 000 personnes font l’objet d’enquêtes pour des motifs politiques, 50 000 personnes sont emprisonnées pour les mêmes motifs, l’état de droit est vidé de son sens, et le gouvernement pousuit sa guerre contre les Kurdes jusqu’en Syrie. C’est pourquoi les autrices et auteurs suisses réunis en Assemblée générale à Soleure ont exprimé officiellement leur solidarité avec les écrivaines et écrivains turcs qui sont menacés en raison de leur travail.

 

Résolution relative au « Schweizer Buchpreis »

Enfin, les auteurs et autrices, traductrices et traducteurs présents ont adopté une résolution relative au « Schweizer Buchpreis », prix récompensant chaque année le meilleur ouvrage narratif ou essai de langue allemande écrit par un auteur ou une autrice suisse ou vivant depuis au moins deux ans en Suisse. Après les critiques exprimées dans la presse suite à la fête marquant en novembre dernier les 10 ans du prix, l’AdS s’est engagée par des entretiens et des courriers en faveur d’une amélioration conséquente de la conception du prix et une attribution plus juste et responsable. Par cette résolution, les autrices et auteurs, traducteurs et traductrices de Suisse, entendent déclarer que cet objectif n’est pas encore atteint, malgré un nouveau réglement et des efforts notables de la part des organisateurs et organisatrices. L’intensité des discussions lors de l’assemblée générale de l’AdS a démontré que cette résolution est d’abord une invitation à poursuivre les discussions.

La résolution peut être téléchargée ici (pdf).